Pour les classes de niveau élémentaire, l’enseignant incitera les élèves à relever des détails pertinents à partir de leur observation des images, et utilisera la narration pour expliquer ce que ces Haggadot peuvent représenter, illustrer ou suggérer. L’enseignant aidera les élèves à répondre aux questions figurant sur les fiches.
Pour les classes de collèges, on pourra répartir la classe en quatre groupes, et demander à chacun d’eux d’effectuer des recherches sur l’une des Haggadot. Chaque groupe présentera ensuite un compte-rendu à l’ensemble de la classe. (Technique Jigsaw)
Si le travail de recherche se fait en classe, l’enseignant devra prévoir le nécessaire pour que les élèves aient des sources d’informations et/ou accès à des ordinateurs.
- Bonheur et richesse : la sortie d’Égypte dans la « Haggada Dorée » de Barcelone, 1320
Bon à savoir : Cette Haggada, parfois également connue sous le nom de « Haggada de Barcelone », est un manuscrit enluminé. Elle est appelée ainsi, car ses miniatures, représentant des épisodes des Livres de Béréchit et de Chémot, ont été réalisées sur un fond doré. Par ailleurs, cette Haggada et a été rédigée en alphabet judéo-espagnol. Elle ne contient aucune indication sur son commanditaire ni sur son lieu de fabrication, et est actuellement conservée à la British Library.
- Pèlerinage : Jérusalem dans la Haggada de Venise 1609
Cette Haggada comporte des commentaires rédigés en trois langues : le ladino, le yiddish et l’italien. Elle était destinée aussi bien aux communautés juives d’Italie qu’aux autres pays d’Europe.
Rappel historique : à Venise, les Juifs furent contraints de résider dans le ghetto, en étant isolés du reste de la population de 1516 à 1797. Ce ghetto fut le premier de l’Histoire, et donna son nom à tous les lieux similaire créés par la suite en Europe. Les autorités adoptèrent une attitude ambivalente envers les Juifs, tantôt en exigeant que ces derniers portent un signe distinctif et restreignent leurs activités, tantôt en faisant preuve de tolérance à leur égard. Leur refus d’expulser les Juifs allait de pair avec leur souci de préserver le commerce qui faisait la richesse de la République. En effet, les Juifs participaient à l’essor économique de la République vénitienne, et avaient gardé des liens de confiance avec les communautés juives disséminées en Europe et en méditerranée. L’activité commerciale des Juifs de ce ghetto fut longtemps florissante. Les Juifs étaient autorisés à étudier à l’université de Padoue, et leur activité religieuse et culturelle était très intense.
3. Le Séder sous le regard de l’Empereur : une famille célébrant Pessa’h, Autriche, 19ième siècle
Bon à savoir : en 1793, une imprimerie hébraïque fut créée à Vienne, et elle devint rapidement la plus grande d’Europe. Le 19ième siècle fut marqué par une émancipation croissante de la communauté juive qui obtient l’égalité des droits en 1849. De plus, la croissance de la population juive de Vienne s’accentua très rapidement, en raison de l’arrivée massive de Juifs d’autres régions.
- De l’esclavage à la liberté : Soldats Juifs dans l’Armée Britannique, Haggada de Benghazi, Libye 1943
Bon à savoir : une grande partie des jeunes Juifs vivant dans le Yichouv s’étaient enrôlés dans l’Armée Britannique.
Cette Haggada fut réalisée par des soldats de la 403ième unité de transport et de la 53ième unité de logistique. Étant à court de papier, ils l’imprimèrent au dos de documents du gouvernement fasciste de Libye. Ces soldats avaient fait un rapprochement entre leur propre histoire et celle de l’Exode. Pour eux, ce qu’ils vivaient faisait écho à la sortie d’Égypte. Ils furent 600 participants à ce Séder de Pessa’h, organisé à Benghazi en 1943